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Articles avec y a quoi dans mon arbre

Défi d'Octobre N°20: qui sont les personnes que vous voudriez rencontrer?

par Hara-kiri

publié dans y a quoi dans ma vie , Défi d'Octobre , y a quoi dans mon arbre

Défi d'Octobre N°20: qui sont les personnes que vous voudriez rencontrer?

Aujourd'hui nous allons causer ésotérisme et rêve éveillé....

Qui sont les personnes que j'aimerais rencontrer? me demande Stéphanie toujours à fond dans son défi. Y a du monde!

Alors.... En généalogiste passionnée que je suis, j'aimerais déjà rencontrer quelques uns de mes ancêtres et leur demander quelques explications!

Par exemple Jacques Thomas, journalier auvergnat condamné au bagne pour faux saunage à cheval et en récidive en 1771. Il décède au bagne de Brest la même année. Je lui dirais:

Qu'est ce qui t'as pris mon Jacques? Tu as 4 enfants dont le dernier a un peu plus d'un an! Te voilà bien avancé! Et ta femme, tu y as pensé? Pourquoi risquer ta vie comme ça? Pour accéder à une meilleure situation? Parce que la vie d'un journalier est terriblement dure, et que tu en avais assez de voir tes enfants crever de faim?

Celui là, j'aimerais bien le rencontrer pour toucher du doigt cette vie qu'il a sacrifiée pour avoir un peu plus d'argent. Tant que je serai là-bas, j'aimerais savoir comment sa femme s'est débrouillée pour nourrir ses petits et les amener à l'âge adulte sans se remarier.

Un autre loustic avec qui j'aimerais vraiment discuter est Jean Barrat, lui aussi auvergnat. En 1835, ce monsieur est marié à une dame de 20 ans son ainée, ne vit pas avec son épouse mais avec une autre dame (plus jeune bien sur) à qui il fait 3 enfants avant de l'épouser peu de temps après le décès de sa femme officielle.... Lui je voudrais le connaître parce que ça devait être un sacré bonhomme pour se foutre royalement des qu'en dira-t-on à cette époque. Si, en plus, il pouvait me dire où a eu lieu son premier mariage, ça m'enlèverait une épine du pied!

Je voudrais aussi rencontrer des artistes, écrivains, peintres, sculpteurs, chanteurs et autres poètes, mais aussi des gens qui se battent pour la liberté, pour le droit à l'égalité, pour des idées nobles et égalitaires.

Tu l'auras compris, je voudrais rencontrer bien des gens

Si tu veux me rencontrer, virtuellement, je suis aussi sur facebook, et sur hellocoton!

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Claire (épisode 4) ou propos de généalogiste

par Hara-kiri

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Claire (épisode 4) ou propos de généalogiste

Quand on fait une généalogie, il y a toujours des personnages qui nous attirent plus particulièrement. Claire a été l'un d'entre eux. Elle ne fait pas partie de mes ancêtres mais de ceux d'une amie.

Je l'ai découverte par l'acte de son premier mariage, il y était écrit qu'elle avait 13 ans, j'ai donc eu envie d'en savoir plus sur cette gamine qu'on mariait bien trop tôt. J'étais loin d'imaginer tout ce que j'allais trouver. J'ai passé des centaines d'heures à la traquer dans les registres d'Etat civil, à reconstituer sa vie et celles de ses proches. J'ai mis des semaines à trouver son lieu de décès, alors qu'elle a quasi toujours habité au même endroit et y est décédée. La malchance a voulu qu'en 1829, ce village soit octroyé à une autre commune. Preuve qu'en généalogie, il faut lire, se renseigner, gratter et être têtue.

J'ai, bien entendu, romancé l'histoire, s'exprimer par la voix d'une femme ayant vécu il y a plus de 200 ans, n'est pas aisé. J'espère ne pas avoir commis d'aberration, même si je me suis appuyé sur des documents et des faits exacts.

Claire meurt quelques mois après sa fille Amable, le 21 Novembre 1837; elle avait 54 ans. Elle ne saura pas que sa dernière fille, Jeanne, alors mère de trois enfants décèdera dans les mois qui suivront... La condition des femmes qui nous ont précédées étaient dure, et beaucoup d'entre elles quittaient la vie jeunes, épuisées par de nombreuses grossesses.

Il me reste malgré tout une énigme à résoudre, et j'espère y arriver un jour. Je n'ai jamais retrouvé la trace du seul fils de Claire, le petit Gilbert né de père inconnu, pas d'acte de décès, et il n'est pas héritier de sa mère ou de ses soeurs. Claire ne l'a pas reconnu, il porte donc un nom donné à la mairie, il s'appelle Gilbert Duplait ou Duplaix, si quelqu'un a une piste, je prends!

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Claire (épisode 3) ou la vie continue...

par Hara-kiri

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Claire (épisode 3) ou la vie continue...

Malgré tout la vie continue....

3 ans après avoir perdu ma fille; à l'âge de 34 ans, j'accepte de me remarier. Il s'appelle Gabriel Moreau, a 36 ans et est domestique. J'espère que la vie sera plus douce à deux. 10 mois après notre mariage, je mets au monde une petite fille, on l'appellera Amable. Son prénom lui correspond tout à fait, elle est douce et souriante. Jeanne a maintenant 10 ans et elle m'aide dans mes tâches quotidiennes, une vraie petite femme! Quand je pense que je n'avais qu'un an de plus qu'elle quand on m'a mariée!

Je suis contente d'avoir à nouveau une petite fille à chérir, et me surprends à penser que les épreuves sont dorénavant derrière moi.

Amable a 4 ans quand mon Gabriel meurt. Le sort s'acharne encore sur nous! Je n'ai plus d'énergie et accepte, au grand étonnement de mes frères de me remarier, j'épouse donc Vincent, un veuf de mon âge. La maison se remplit de cris d'enfants, sa dernière n'a qu'un an quand on convole en justes noces! Tout ce petit monde m'occupe et je n'ai guère le temps de penser à ma vie. Le soir je suis épuisée et m'endors dès la chandelle soufflée!

Mes filles grandissent et il me faut penser à l'avenir de Jeanne, ma petite est servante et je dois prévoir sa vie future... Je me dois donc de lui trouver un époux. Plusieurs prétendants se sont présentés, mais je veux être sure. Les mariages arrangés ne se font plus guère de votre temps, mais chez nous, c'est comme ça que ça se passe. L'amour s'il doit être, vient au fil du temps. L'essentiel étant d'avoir un toit sur la tête, à manger dans les assiettes et si possible un mari qui ne boit pas trop et ne court pas. Mon choix se porte sur un garçon de Toulx, le village à côté, il est cultivateur et est plus mr que ma Jeanne, mais pas trop tout de même. Ils se marient au printemps 1827, ma Jeanne a 18 ans et son Jean 27. J'espère que sa vie sera plus belle que la mienne....

L'année 1830 nous apporte joie et peine, mon compagnon décède. Je suis pour la troisième fois de ma vie, veuve et seule.

Ma fille Jeanne nous donne une joie immense deux mois plus tard, je suis grand-mère d'une petite Marie! Quatre ans plus tard, c'est au tour du petit Jean de voir le jour. La vie est paisible et je m'emploie à assurer l'avenir de ma dernière fille, Amable. Le premier Février 1836, je la marie à Martial, un cultivateur, elle a 18 ans et tout l'avenir devant elle.... Je vais enfin pouvoir souffler un peu, mes filles ont un avenir assuré...

Ma vieille compagne la mort a encore frappé, ma petite, ma dernière, Amable est morte d'une fausse couche en Mai 1837. Je suis désespérée, je ne pourrai pas en supporter plus et je prie pour que la vie me quitte à mon tour. J'aurai perdu trois maris et deux filles, cela suffit! J'attends.....

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Claire (épisode 2) ou une vie de femme

par Hara-kiri

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Claire (épisode 2) ou une vie de femme

Le 11 Mars 1795 j'épouse donc Jean Pinguet, j'ai 11 ans et demi, il en a 18. Un homme, alors que je ne suis qu'une gamine.... Non qu'il soit laid ou désagréable, je suis juste perdue, morte de peur même si je sais que l'on ne vivra pas comme mari et femme avant de longues années. Le maire du village note sur l'acte de mariage que j'ai 13 ans, une façon de se donner meilleure conscience?

Je pars donc vivre chez mon époux, ses parents et ses frères et soeurs. Mon père, lui, s'installe chez un de mes frères aînés. Ma vie ne change guère, de bons et de mauvais moments, je travaille, mange et dors. Mon mari est cultivateur, et le travail de la terre est rude tant pour les hommes que les femmes.

Mon père meurt en 1800, à l'aube d'un nouveau siècle qui amènera peut-être (je l'espère) du changement dans la vie de toutes les femmes.

J'accouche de mon premier enfant en 1805, c'est une fille, Elisabeth, elle est magnifique et je ne me lasse pas de la contempler, émerveillée d'avoir enfanter une petite chose aussi parfaite! Mon accouchement a été difficile et douloureux, et je prends la décision de tout faire pour devenir sage-femme, et aider les femmes dans la douleur. 3 ans plus tard, je mets au monde une deuxième fille, Gilberte qu'on appellera Jeanne à la maison, Jean aurait préféré un garçon, mais je suis heureuse d'avoir une autre fille! Elle est tout aussi jolie que sa soeur, mais si différente! J'ai 25 ans, deux enfants en bonne santé, un mari courageux, un toit sur la tête et de quoi remplir les assiettes. La vie pourrait être pire!

Elle le deviendra... En 1810, mon époux me laisse seule avec nos deux filles, un décès qui me frappe de plein fouet, mais il faut me battre! La plupart des femmes se remarient rapidement après un veuvage, je refuse, et continue ma vie, notre vie, seule. Je suis sage-femme du village, m'occupe de mes deux enfants et travaille la terre, en espérant des jours meilleurs.

Les jours meilleurs ne viendront pas, l'année 1815 sera la pire de toutes!

En 1814, les signes ne trompent pas, je suis enceinte! Je suis horrifiée, que faire? Je travaille encore plus dur, en tachant d'oublier cette situation et en espérant que Dieu réponde à mes prières en rappelant à lui ce petit être non désiré. Hélas, j'accouche d'un garçon en Février 1815, il s'appellera Gilbert, je ne le reconnaîtrai pas. Il sera placé rapidement et sort ainsi définitivement de ma vie. 5 mois plus tard, comme pour me punir de ma faute, ma petite Elisabeth meurt de maladie. Je sais qu'à notre époque de nombreux enfants décèdent avant d'atteindre l'age adulte, je sais que c'est la vie, que c'est comme ça, que Dieu en a décidé ainsi, mais je ne peux m'empêcher de trouver sa décision injuste. Le désespoir me prend parfois, et je me demande si ma vie deviendra meilleure un jour.... Sommes nous sur terre uniquement pour souffrir, expier comme le dit le curé de notre petit village?

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Claire (épisode 1) ou la condition d'une femme

par Hara-kiri

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Claire (épisode 1) ou la condition d'une femme

Tout d'abord bonjour à tous,

Je ne sais trop comment commencer mon histoire.... Hara-Kiri m'a laissé la plume afin que je raconte ma vie....Que dire? Ma vie ne me parait pas interessante, je suis, somme toute assez insignifiante....

Je crois que mon histoire commence bien avant ma naissance, avec mon père.

Blaise Montagne, puisqu'il s'agit de lui, est né en 1725 dans ce que vous nommez le département de la Creuse. A l'âge de 20 ans, il se marie avec Gilberte, que je ne connaîtrai pas. Il est meunier, puis plus tard, laissant le moulin à son fils aîné, tient une taverne. C'était un homme dur, dur au travail, dur en affaires, et dur en famille. Il aura de nombreux enfants avec sa première femme, certains que je rencontrerai, d'autres dont je n'entendrai jamais parlé, morts en bas âge. Ainsi va la vie.

Gilberte décède en 1772, agée de 48 ans, sans doute épuisée par ses nombreuses grossesses. Je ne peux m'empêcher d'envier votre condition de femmes françaises du 21° siècle! Hara-Kiri m'explique que vous choisissez combien d'enfants vous aurez et quand vous les aurez! La médecine a fait de grands progrès sans doute! A mon époque, les médecins sont réservés aux nantis, et si je puis me permettre (il parait que je peux), ils tiennent plus du boucher, que du médecin tel que votre contemporaine me l'a expliqué. Mon père n'est pas un saint, loin s'en faut! Suite à son veuvage, il n'a pas renoncé aux femmes, et l'alcool présent dans sa vie ne l'y aide pas.

Le 3 Juin 1783, il épouse ma mère, Anne Giganon, Il a 58 ans, elle en a 34... Elle est veuve et a 3 enfants à élever. Je nais le 17 Octobre de la même année.Ne calculez pas, ma mère est dans une position intéressante lors de son mariage, position qui ne lui laisse pas le choix de son avenir (mais épouser le meunier du village n'est pas si mal), sous peine d'être mise au bans de notre petit village, et de plus ou moins mourir de faim, ou de honte. Là encore, votre vie diffère bien de la nôtre. Mon enfance n'est pas rose, je travaille, très jeune, et gagne mon pain. Ma mère est aimante, mon père indifférent. A mon époque, une fille rend des services à la maison, mais elle est aussi source de tracas. Outre qu'elle ne peut remplir l'office d'un garçon au moulin, elle doit être dotée pour trouver un époux digne de ce nom.

Pour mon plus grand malheur, ma mère meurt juste avant que je n'atteigne mes 11 ans. Mon père a alors 69 ans, je prends facilement en charge la maison, et fais au mieux pour satisfaire ses besoins.

En réfléchissant à ma vie telle qu'elle aura été par la suite, je me dis qu'il a sans doute voulu assurer mon avenir, et honorer une promesse faite le jour de ma naissance. Dans les semaines qui suivirent le décès de ma mère, mon parrain, Martin Pinguet, vint souvent chez nous. De longues discussions s'ensuivirent entre lui et mon père, discussions auxquelles je n'assistais pas.

Peu de temps après, mon père m'annonça que j'allais me marier! Je protestai que je n'avais que 11 ans et que ça n'était pas possible! Sa décision était prise, et non négociable. Je préparai donc mes noces, la mort dans l'âme et la peur au ventre. Je connaissais mon promis depuis toujours, c'était le fils de mon parrain. Mon destin était donc scellé depuis ma naissance, et je me devais de le suivre.

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J'ai un nouvel ami!

par Hara-kiri

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J'ai un nouvel ami!

Léon Vivien est mon ami! C'est un nouvel ami Facebook. Tu me diras "et alors? Facile de se faire de nouveaux amis sur les réseaux sociaux!"

Et alors?

Léon est né en 1885, nous sommes en 1914 et il est au front. De là-bas, il nous raconte son quotidien.

Cette initiative de génie est l'oeuvre du Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux. Depuis le 10 Avril, on peut suivre "en direct" la grande guerre vue de l'intérieur. Léon a déjà plus de 30 000 amis passionnés comme moi.

Les passionnés d'histoire y trouve un récit jour après jour d'une guerre pas si lointaine. En lisant ces lignes, je pense à Job mon arrière grand-père parti au front, en laissant sa femme et ses deux petites filles à la maison. Job est revenu, pas tout à fait pareil mais vivant. J'ai aussi une pensée pour les 3 arrière grands pères de Cherétendre, qui eux, ne sont jamais rentrés au pays.

Les scolaires y trouveront aussi une autre façon d'étudier l'histoire, plus dans l'air du temps et complémentaire avec ce qu'on leur enseigne au collège ou au lycée.

Preuve qu'internet peut être aussi un espace culturel de qualité!

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La vie d'Apollonie

par Hara-kiri

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La vie d'Apollonie

Je continue ma série de portraits par une femme, lointaine ancêtre de Cherétendre.

Cherétendre a une partie de sa famille dans le Berry, purs berrichons ils sont!!!! Je ricane! On part toujours de l'idée préconçue que nos ancêtres ne voyageaient pas, erreur! Les voyages étaient certes, plus rares, plus longs et plus difficiles, mais nos ancêtres se baladaient, essentiellement pour trouver du travail.

Je chasse donc dans le Berry, quand je lis sur un acte de mariage, que le marié, prénommé Claude, cardeur de profession, est dit "né à Lyon". Hop! Direction Lyon! (virtuellement toujours). Je découvre que le père de Claude, berrichon, lui aussi cardeur, est parti travailler à Lyon dans les années 1800 et a épousé là-bas Jeanne Vignon, la fille d'un tisserand de la Loire. C'est dans la généalogie de cette demoiselle que je vais avoir une surprise. Je remonte sans problème jusqu'à ses parents, mais sa grand-mère paternelle est introuvable, nom et prénom quasi illisible....

Quand j'ai un souci de ce genre, je procède différemment, j'ai donc cherché tous les enfants du couple, ce qui me confirme que le nom de cette dame est fluctuant, Apis, Apy, Andree... Son prénom semble être Apollonie. Un espoir nait, le prénom s'il s'avère exact est rare et j'ai des chances de retrouver la dame. Après des jours de recherche, je finis par trouver son mariage, son nom est encore une fois différent et son prénom est Pollonie. Elle est dite fille des Hospices de Lyon. Son acte de décès mentionne qu'elle a environ 60 ans, ce qui la ferait naitre vers 1707. J'exulte en croisant les doigts que les Hospices aient mis leurs archives en ligne, et que le début du 18 ème siècle n'ait pas été perdu.

J'ai passé des heures à me familiariser avec les archives des Hospices, puis des heures encore à chercher Apollonie. J'ai finalement trouvé son dossier que j'ai transcrit en partie, quelques mots étant illisibles.

" Apollonie Apy fille agée de 2 ans le 8 Septembre 1709 trouvée exposée à 6h00 du soir dans l'Eglise de l'Hotel Dieu, ayant une chemise, un haillon de robe violette, le corps ???, un tablier rayé, un reguin(?), un méchant bonnet jaune, des bas et des souliers, le tout de nulle valeur, sans marque, ???? par le billet de Monsieur Liotaud à l'Hotel Dieu où elle a été baptisée et nommée comme ci-dessus, nourrie chez Jean Vignon et Anne Bonnet de St Cyr en Vallorges en Beaujolais."

Cette petite fille nait donc en 1707, peut-être à Lyon, sa famille n'est pas riche et c'est cette misère qui va influencer le reste de sa vie. On ne saura jamais ni son nom ni son prénom. En 1709 elle est abandonnée dans une église, trouvée de suite, baptisée Apollonie Apy ( quelle imagination), et placée assez rapidement dans une famille du Beaujolais. On ne saura jamais quelle enfance elle a eu, mais à cette époque, peu d'enfants étaient choyés, la vie était faite de labeur dès le plus jeune age, j'imagine aussi que le fait d'être une enfant placée n'arrangeait pas les choses. A l'age de 21 ans, elle épouse un tisserand d'un village voisin. Ils auront au moins 4 enfants, vraisemblablement beaucoup plus, mais je n'ai pas pu trouver leur lieu de résidence durant les dix premières années de leur mariage. En 1750, Jacques, son mari, décède, le plus jeune de leurs enfants a 3 ans, il s'appelle Jean-Claude et sera cordonnier, ce sera aussi l'ancêtre de Cherétendre. Il semblerait qu'Apollonie ne se remarie pas, elle finira sa vie à l'âge de 60 ans, entourée de ses fils.

Deux siècles plus tard, une généalogiste viendra troubler son repos, et essayera d'en savoir plus sur sa vie.

Apollonie comme des centaines d'autres, a contribué à faire de Cherétendre l'homme qu'il est.

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Voltaire, Rousseau, l'empereur de Chine et Frédéric II en Creuse

par Hara-kiri

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Voltaire, Rousseau, l'empereur de Chine et Frédéric II en Creuse

En ce moment, je fais des recherches généalogiques pour une amie qui a des ancêtres en Creuse. Je fouille donc virtuellement dans des registres paroissiaux, les curés y notaient baptêmes, mariages et enterrements. Certains sont cependant plus bavards que d'autres, et ils nous gratifient de la météo, des catastrophes naturelles et de l'état des récoltes de l'année.

Le curé Thomas, de Bord Saint Georges est encore plus bavard, il tient un journal et en fin d'année nous donne les informations importantes ou tout au moins celles qui ont retenu son attention. Je vous en livre quelques transcriptions:

Fin de l'année 1778: "Mort de l'impie Voltaire le 30 May 1778 à 10 heures du soir a Paris et a été inhumé dans l'abbaye royale de Sellier dioceze de Troyes on refuse a Paris de célébrer pour luy.

L'extravagant philosophe Roussau né a Genève le 28 juin 1712 attaqué d'apoplexie revenant de la promenade le 2 de juillet 1778 à 9 heures du matin meurt 2 heures et demi après."

Est-ce une idée, ou il préfère nettement Rousseau à Voltaire?

En 1780: "Des lettres de le chine assurent que l'empereur a permis aux missionnaires de precher le St evangile dans son empire et d'y baptiser ceux des chinois qui se présenteroient a cet effet, mais avec cette restriction a laquelle il veut absolumment qu'on ait égard, qu'il ne sera baptisé aucun enfant des magnats ou mandarins sans le consentement de leurs parens. Cette permission est due a l'habileté d'un missionnaire lorrain d'origine, interprète de l'empereur de chine.

Le 19 decembre Georges 3° roy d'angleterre déclare la guerre aux hollandois."

La même année on apprend que Marie Thérèze d'Autriche meurt d'un" catharre suffocatif".... Beurk!

Il se passionne aussi pour les batailles navales et l'Amérique!

En 1783: " Le 22 janvier 1783 la paix est signée entre les anglois et nous. Les colonies anglo américaine sont reconnues indépendantes de l'angleterre et comme telles les anglois en retirent leurs troupes."

Et ça doit lui faire grandement plaisir au curé Thomas, parce qu'ils n'aiment pas du tout les anglais!!!!!!

En 1785: "Nos forces de mer se montent a 256 batimens de guerre et 8368 pièces de canon.Au nombre de ces batimens il y a 72 vaisseaux de ligne"

Quand je vous dis qu'il est passionné par la bataille navale!

Plus proche de lui: " Le 17 décémbre 1785 le Sieur jouanique curé de St Loup meurt presque subitement."

Là, j'avoue que presque subitement est une notion qui me reste assez floue....

Et en 1786: " Le 17 aout 1786 a 3 heures du matin est mort en son chateau de Sans-Souci Frédéric second roy de Prusse agé de 74 ans et 6 mois, chrétien par le baptême, luthérien par l'éducation, philosophe à la mode du siècle. Le plus grand guerrier de son temps, le bienfaiteur de ses sujets et un législateur des plus humains, il eut toutes les vertues morales mais elles ne suffisent pas pour le salut. Il a été grand aux yeux des hommes................."

Quand on sait que le fameux Frédéric at été pendant un temps, un copain de" l'impie Voltaire"......

Je voulais juste partager avec vous de petits bouts de la grande histoire vus par un obscure curé de campagne creusois.

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La tata d'Amérique

par Hara-kiri

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Quand j'étais petite, mes étés c'était la Bretagne chez mes grands-parents, journées sur la plage pour la bande de cousins-cousines et paix pour les adultes. Quand par hasard, il pleuvait (pas si souvent!!!), ma grand-mère sortait les photos des cartons et nous racontait... Notre histoire préférée à tous était celle de la Tata d'Amérique. Une grand-tante de ma grand-mère, partie chercher fortune en Amérique. La légende familiale racontait qu'elle avait d'abord travaillé à Jersey puis qu'elle avait émigré à Portland où elle avait fait fortune dans l'élevage de volailles avec son mari. Qu'elle avait deux filles, qu'elle avait déshéritées car leurs vies n'étaient pas conformes au désirs puritains et surement snobs de la Tata. La grand-mère encore amère et désapointée des années après,finissait l'histoire sur l'héritage donné à des oeuvres caritatives et très catholiques, alors qu'elle aurait pu en bénéficier....J'ai donc tenté de mener l'enquête sur cette mystérieuse tante, et de vérifier la légende familiale.

Je poursuis cette série de billets avec une cette femme hors du commun, Marie Yvonne.

Marie Yvonne voit le jour en 1867 dans un petit village du centre Bretagne, elle est la 7ème d'une fratrie de 11 enfants. Une de ses soeurs ainées sera mon arrière-arrière grand-mère. Jean-Marie, son père est laboureur et Marie-jeanne, sa mère s'occupe vraisemblablement de sa nichée et de travaux agricoles. La vie est rude, l'argent n'est pas ce qu'il y a de plus présent dans leurs vies.

Marie-Yvonne doit donc gagner sa vie. Elle décide de profiter d'un surcroit de travail dans les îles anglo-normandes, et de l'embauche massive de bretons, et part travailler à Guernesey. (Et pas Jersey comme on le disait). J'ignore pour le moment à quelle date elle a traversé la Manche mais je la retrouve en 1891, célibataire et gouvernante à Guernesey. Une de ses soeurs cadettes est domestique dans la même maison.

Je sais qu'elle se marie peu après, vraisemblablement en 1892, à un français jardinier à Guernesey, Gustave. Ils quittent ensemble Guernesey pour l'Amérique. En 1916 quand elle demande la nationalité américaine, elle indique être partie de Liverpool sur le "City of Chicago" et être arrivée à Ellis Island le 27 Avril 1892. Le City of Chicago, n'est pas arrivé ce jour là, j'ai quand même cherché sur les listes de passagers de ce bateau sur plusieurs années sans les trouver. J'ai aussi, avec l'aide d'un généalogiste canadien, épluché les autres navires de cette époque, sans succès! A-t- elle a menti pour obtenir la précieuse nationalité ou oublié comment elle était arrivée? J'ai l'espoir de résoudre un jour cette énigme.

Je la retrouve en 1900, dans une ville proche de Portland Orégon, elle est toujours mariée avec Gustave et 4 enfants-pensionnaires sont présents à la maison, Georgette 8 ans née en Belgique et sa soeur Yvette 5 ans née dans l'Orégon; et une autre fratrie Marie, 16 ans et Lucian 13 ans nés tous les deux en Californie. Je suppose que ces enfants sont des orphelins placés contre rémunération en famille d'accueil.

En 1910, on retrouve Marie-Yvonne et son Gus dans le même secteur, Georgette et Yvette ont maintenant le nom de famille de Gus, elles ont donc été adoptées par le couple.

Gus décède en 1911, et Marie-Yvonne se remarie en 1916 avec Joseph né en Haute Garonne, arrivé en 1898 en Amérique. Quand il traverse l'Atlantique il est forgeron, puis sur le recensement de 1920 il est dit platrier. On est donc loin de l'élevage de volailles et de la fortune!

Marie Yvonne décède en 1949 à Portland, (merci à la généalogiste bretonne vivant à Portland qui m'a envoyé son faire-part de décès), je ne sais pas si elle était riche, si elle était fachée avec ses filles adoptives, mais j'ai retrouvé des descendants auxquels j'ai écrit péniblement, tirant la langue, et essorant ma cervelle pour sortir mes bases d'anglais scolaire. Je n'ai pas de nouvelles pour le moment, mais je ne manquerai pas de vous en faire part.

Cette enquête m'a demandé plusieurs semaines, plusieurs mois de recherches. Les demandes d'actes dans les îles anglo-normandes sont payantes, ce qui explique mon manque de renseignements. Quant aux Etats Unis, j'avoue ne pas trop savoir pour l'instant comment m'y prendre pour reconstituer sa vie. J'attends donc des nouvelles de ses descendants en espérant avoir toutes les réponses à mes questions.

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La douce Péronnelle

par Hara-kiri

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J'ai envie de commencer cette série de billets sur mes ancêtres par une femme, galanterie oblige et puis parce que les femmes sont en général oubliées dans l'histoire ,même familiale.

Péronnelle voit le jour en 1591 à Pordic, un joli port des Côtes d'Armor. Papa est notaire et maman affiche une particule. La vie pourrait être plus difficile! Mais Péronnelle est une femme et en tant que telle, son travail est de se marier, de satisfaire l'élu et surtout de fabriquer des héritiers.

En 1608, à l'âge de 17 ans, on marie Péronnelle à un notaire (comme papa), prénommé Etienne qui affiche gaillardement ses 30 ans. Les enfants ne se font pas attendre, et l'année suivante elle accouche d'une fille, Anne. Les méthodes de contraception n'étant pas tout à fait au point au 17 ème siècle, Péronnelle aura 8 enfants avec son Etienne. Anne en 1609, Catherine en 1611, Bastienne en 1612, Olivier en 1614, fichtre! Enfin un garçon, on commençait à croire que Péronnelle ne savait faire que des filles, on murmurait même qu'elle y mettait de la mauvaise volonté et qu'Etienne aurait fait une mauvaise affaire en l'épousant. Puis vinrent Raoul en 1617 (mon ancêtre), Baptiste en 1621, Catherine numéro 2 en 1624 , par moment on manque d'imagination... En Décembre 1627, son mari décède et le petit dernier Yves nait en Juillet 1628! Ne comptez pas les mois, je l'ai fait, l'honneur est sauf! Voilà notre Péronnelle agée de 37 ans, seule a la tête d'une grande famille! Comme l'époque ne se prêtait pas aux famille mono parentales et que, de plus la Péronnelle avait un porte feuille bien garni, on la remarie!

Elle épouse donc une particule, Charles, en 1628.... Je sais, elle n'est pas restée veuve très longtemps, le romantisme et le vague à l'âme n'était pas non plus à la mode. De plus je soupçonne qu'elle n'est pas vraiment eu le choix! Ils auront un fils pour sauver l'héritage et le titre à rallonge de papa, Robert né en 1630. On ignore quand Charles son second mari décède, mais ce qu'on sait en revanche c'est qu'elle se remarie en 1654, avec un monsieur de 10 ans de moins qu'elle, le monsieur en question se prénomme Yves et est écuyer.... Là, j'avoue que je pense que ce mari là, c'est elle qui l'a choisi!!! Mon côté romantique, sans doute.....Après tout, ça ne serait que justice, Péronnelle a fait le travail qu'on demandait, et n'étant plus en âge d'enfanter, elle a bien le droit de s'amuser un peu! Enfin, je l'espère pour elle.

L'écuyer ne dure guère, elle l'enterre en 1661 soit 7 ans après l'avoir épousé. Voilà notre Péronnelle agée de 71 ans veuve pour la troisième fois à une époque où les femmes décèdent jeunes et souvent en mettant au monde des enfants. Pas grave! Elle se remarie l'année suivante, avec une fois encore un écuyer, qui a son âge, celui-ci.... J'imagine qu'à 72 ans l'écuyer ne devait plus être très frais...

J'ai longtemps rêvé qu'elle enterre aussi celui-là et se remarie encore et toujours.... L'histoire s'arrête là, Péronnelle décède en 1672 à l'âge respectable de 81 ans, et son mari se remarie, lui....

Voilà l'histoire de la douce Péronnelle qui, sans le faire exprès aura bousculé les statistiques de l'INSEE, et aura eu 4 maris!

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