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La tata d'Amérique

par Hara-kiri

publié dans y a quoi dans mon arbre

Quand j'étais petite, mes étés c'était la Bretagne chez mes grands-parents, journées sur la plage pour la bande de cousins-cousines et paix pour les adultes. Quand par hasard, il pleuvait (pas si souvent!!!), ma grand-mère sortait les photos des cartons et nous racontait... Notre histoire préférée à tous était celle de la Tata d'Amérique. Une grand-tante de ma grand-mère, partie chercher fortune en Amérique. La légende familiale racontait qu'elle avait d'abord travaillé à Jersey puis qu'elle avait émigré à Portland où elle avait fait fortune dans l'élevage de volailles avec son mari. Qu'elle avait deux filles, qu'elle avait déshéritées car leurs vies n'étaient pas conformes au désirs puritains et surement snobs de la Tata. La grand-mère encore amère et désapointée des années après,finissait l'histoire sur l'héritage donné à des oeuvres caritatives et très catholiques, alors qu'elle aurait pu en bénéficier....J'ai donc tenté de mener l'enquête sur cette mystérieuse tante, et de vérifier la légende familiale.

Je poursuis cette série de billets avec une cette femme hors du commun, Marie Yvonne.

Marie Yvonne voit le jour en 1867 dans un petit village du centre Bretagne, elle est la 7ème d'une fratrie de 11 enfants. Une de ses soeurs ainées sera mon arrière-arrière grand-mère. Jean-Marie, son père est laboureur et Marie-jeanne, sa mère s'occupe vraisemblablement de sa nichée et de travaux agricoles. La vie est rude, l'argent n'est pas ce qu'il y a de plus présent dans leurs vies.

Marie-Yvonne doit donc gagner sa vie. Elle décide de profiter d'un surcroit de travail dans les îles anglo-normandes, et de l'embauche massive de bretons, et part travailler à Guernesey. (Et pas Jersey comme on le disait). J'ignore pour le moment à quelle date elle a traversé la Manche mais je la retrouve en 1891, célibataire et gouvernante à Guernesey. Une de ses soeurs cadettes est domestique dans la même maison.

Je sais qu'elle se marie peu après, vraisemblablement en 1892, à un français jardinier à Guernesey, Gustave. Ils quittent ensemble Guernesey pour l'Amérique. En 1916 quand elle demande la nationalité américaine, elle indique être partie de Liverpool sur le "City of Chicago" et être arrivée à Ellis Island le 27 Avril 1892. Le City of Chicago, n'est pas arrivé ce jour là, j'ai quand même cherché sur les listes de passagers de ce bateau sur plusieurs années sans les trouver. J'ai aussi, avec l'aide d'un généalogiste canadien, épluché les autres navires de cette époque, sans succès! A-t- elle a menti pour obtenir la précieuse nationalité ou oublié comment elle était arrivée? J'ai l'espoir de résoudre un jour cette énigme.

Je la retrouve en 1900, dans une ville proche de Portland Orégon, elle est toujours mariée avec Gustave et 4 enfants-pensionnaires sont présents à la maison, Georgette 8 ans née en Belgique et sa soeur Yvette 5 ans née dans l'Orégon; et une autre fratrie Marie, 16 ans et Lucian 13 ans nés tous les deux en Californie. Je suppose que ces enfants sont des orphelins placés contre rémunération en famille d'accueil.

En 1910, on retrouve Marie-Yvonne et son Gus dans le même secteur, Georgette et Yvette ont maintenant le nom de famille de Gus, elles ont donc été adoptées par le couple.

Gus décède en 1911, et Marie-Yvonne se remarie en 1916 avec Joseph né en Haute Garonne, arrivé en 1898 en Amérique. Quand il traverse l'Atlantique il est forgeron, puis sur le recensement de 1920 il est dit platrier. On est donc loin de l'élevage de volailles et de la fortune!

Marie Yvonne décède en 1949 à Portland, (merci à la généalogiste bretonne vivant à Portland qui m'a envoyé son faire-part de décès), je ne sais pas si elle était riche, si elle était fachée avec ses filles adoptives, mais j'ai retrouvé des descendants auxquels j'ai écrit péniblement, tirant la langue, et essorant ma cervelle pour sortir mes bases d'anglais scolaire. Je n'ai pas de nouvelles pour le moment, mais je ne manquerai pas de vous en faire part.

Cette enquête m'a demandé plusieurs semaines, plusieurs mois de recherches. Les demandes d'actes dans les îles anglo-normandes sont payantes, ce qui explique mon manque de renseignements. Quant aux Etats Unis, j'avoue ne pas trop savoir pour l'instant comment m'y prendre pour reconstituer sa vie. J'attends donc des nouvelles de ses descendants en espérant avoir toutes les réponses à mes questions.

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