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Hara-kiri en Tunisie épisode 2

par Hara-kiri

publié dans y a quoi ailleurs

Hara-kiri en Tunisie épisode 2

La suite de ce voyage en Tunisie m'a beaucoup plus plu, après une deuxième journée piscine-plage, j'ai commencé à râler, je sais, encore!

On a donc fait quelques balades, comme le souk de Tunis, impressionnant par sa taille et la diversité des marchandises proposées et des petits métiers présents. Le marché de Tozeur, immense où on trouve aussi bien de la poterie, que des tortues, de la nourriture ou des vêtements. Cherétendre s'est d'illaurs découvert des talents de négociateur insoupçonnés! Carthage et ses ruines.... Mais le point fort, le nec plus ultra du voyage a été le hammam!

Une amie me propose que nous fassions un hammam, je réponds, enthousiaste, que ça m'intéresse beaucoup mais pas dans le hammam aseptisé pour touristes de l'hotel, je voulais un vrai hammam tunisien. Nous voilà parties à la médina! On a pas mal erré dans la médina, demandant aux marchands où se trouvait ce hammam. L'incompréhension s'est vite installée, les marchands étant persuadés que nous voulions y aller en couple, aucun ne nous a aidés.... En effet, les matins et les soirs sont réservés aux hommes et l'après midi aux femmes. Finalement, une petite dame nous ayant entendu demander notre chemin, nous propose de nous y emmener. Ouf! On commençait vraiment à se dire qu'il allait falloir mettre une croix sur ce projet. Elle nous fait rentrer dans une grande pièce sombre déserte, nous disant de nous déshabiller, qu'elle va revenir avec la responsable. Le hammam étant un environnement humide, j'ai donc laissé mon appareil dehors, je suis dans le silence total, incapable de lire sur les lèvres des gens à cause de leur accent. et donc totalement dépendante de mon amie dont le niveau en langue des signes s'arrête à "oui", "non", et "on s'en fout" !!!!!

La petite dame revient accompagnée d'une femme pour le moins impressionnante, une cinquantaine d'année, l'ai revêche, vêtue en tout et pour tout d'un short noir, des bras et des mains gigantesques et les seins les plus gros que j'ai jamais vus qui lui arrivent à la taille! On se sentait très très mal à l'aise dans nos petits maillots de bain., se demandant à quelle sauce on allait être mangées!...

La responsable ne parle pas français, ce qui va bien m'aider puisqu'elle s'adressera à nous par gestes. Elle nous fait passer dans une pièce carrelée de mosaïque bleue, au plafond arrondi d'où arrive un puits de lumière. Cette pièce est entourée de sortes de bancs en faïence. C'est très ancien et très beau, je voulais du typique, je suis servie! Elle nous fait signe de nous asseoir et disparait. L'humidité et la chaleur me mettent d'abord très mal à l'aise (j'apprendrai plus tard qu'il y fait 50°), puis je me détends, devient zen et profite....

Retour de madame gros bras, qui fait signe à ma copine de passer dans la pièce suivante, la copine un peu paniquée par l'air de la dame, me fait signe de surveiller ce qui lui arrive! Elle la fait asseoir devant une vasque munie d'un robinet, fait couler l'eau, remplit un petit seau et le lance à pleine vitesse sur la figure de ma copine, j'ai encore gravée l'image de ma copine rejetant la tête en arrière, en panique et cherchant désespérement son souffle. Bon... Elle veut nous noyer, c'est clair, maintenant on sait! Pas de répit! Les seaux s'enchaînent les uns derrière les autres, rinçant sans relâche la peau transpirante. Après un nombre incalculable de seaux à la volée, elle pousse la copine et me fait signe. Je déglutis, m'admonestant de respirer entre les seaux et pas pendant! La copine, ressemblant plus à un chat mouillé qu'à une fille qui s'est payé un aprem de plaisir, me regarde en rigolant! La même pour moi, seaux après seaux, j'encaisse, respire, manque de m'étouffer deux fois mais survis!

Vient le moment du gant de crin.... Première à passer la copine s'allonge sur le ventre et la dame commence à la frotter vigoureusement de la tête au pieds, grimaces, les coups de soleil rugissent de bonheur! Pas un endroit n'a été épargné, retournement côté face et on recommence! Le moment le plus drôle a été quand les seins opulents de madame gros bras se sont balancés juste au dessus du nez de mon amie, qui m'a regardé en réprimant un fou rire et a fini par fermer les yeux! Puis tartinage d'argile et hop, d'un geste péremptoire on me fait signe que c'est mon tour. Pendant nos soins, des femmes passent, un peu intriguées quand même que deux européennes soient là. Elles sont toutes quasi nues, parfois accompagnées de petits enfants. Ce qui m'a étonnée c'est leur rapport naturel à la nudité. dans un pays où la beaucoup de femmes ont au minimum un foulard pour cacher les cheveux. Le hammam est un espace de liberté où les femmes sont entre elles, discutent, et ne sont pas obligées de tenir compte des conventions et des obligations qui régissent leur vie. J'ai regretté de ne pouvoir discuter avec ces femmes comme mon amie...

Après la surprise passée quant à la vigueur du récurrage au gant de crin, j'ai adoré! La peau respire, et on se sent plus légère. Argile du bout des cheveux aux doigts de pieds, et rinçage-noyade avec en plus frottage énergique pour éliminer tout reste d'argile. Moment déstabilisant, quand elle nous a fait mettre debout pour nous retirer énergiquement notre culotte et rincer là où on n'aurait pas eu l'idée qu'elle s'aventure!

Quand on est sorties, on était brillantes, roses comme des petits cochons (limite rouges), et complètement crevées! Nos hommes faisaient les cent pas dehors se demandant bien ce qui nous était arrivé! La rumeur que deux européennes étaient au hammam avait du se répandre dans la médina, et tous les marchands étaient tout sourire devant le pas de leurs boutiques attendant avec impatience nos commentaires. On a déclenché l'hilarité de tout le monde! La journée se terminera pour nous en mode limaces, aucun influx nerveux, des jambes en marmelade et juste une envie: aller au lit!

Le lendemain, je suis retournée à la médina acheter des gants de crin, et du rassoul (l'argile) et j'avoue que je ne peux plus m'en passer. J'essaye de le faire régulièrement, sans vapeur malheureusement, et ma peau est super douce. C'est un soin peu onéreux et complètement naturel! J'ai aussi converti mes filles qui adorent!

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